L'âge d'or français des ateliers
Pendant des décennies, chaque grande ville française a eu ses fabricants de coffres-forts : Paris, Rouen, Marseille, Lille, Bordeaux, Toulouse. Le répertoire que nous tenons en compte plus de trois cent soixante, et la plupart ont disparu sans laisser d'autre trace que la plaque vissée sur leurs portes.
Ce qui distinguait un atelier d'un autre
La plaque
Nom, ville, parfois la rue. C'est la carte d'identité du coffre, et le premier endroit à photographier.
Le décor de porte
Filets, dorures, paysages peints à la main : chaque maison avait ses motifs, et ils datent un coffre mieux qu'un catalogue.
La serrure
Certains ateliers achetaient leurs mécanismes, d'autres les fabriquaient. Le dessin de l'entrée de clé trahit souvent le fournisseur.
La construction
Tôle rivetée, remplissage minéral, portes à double panneau : la manière d'assembler le corps raconte l'époque et le savoir-faire.
Pourquoi ces maisons ont disparu
Deux mouvements les ont emportées : la normalisation, qui a demandé des essais en laboratoire hors de portée d'un atelier, et la concentration industrielle, qui a rassemblé les marques sous quelques noms. Ce qui se fabriquait dans une cour d'immeuble se fabrique aujourd'hui dans une usine certifiée.
Reste le parc : des milliers de coffres d'atelier encore en place, dans des caves, des arrière-boutiques et des maisons de famille. Ce sont eux qui arrivent chez nous, sans clé et sans combinaison, et c'est pour eux que nous tenons le répertoire des constructeurs.
Deux maisons dont l'histoire est documentée
Sur les trois cent soixante noms du répertoire, une poignée seulement a laissé des archives consultables. Deux d'entre elles ont leur fiche, avec des dates confirmées à leurs sources, et ce sont aussi deux des coffres que nous ouvrons le plus souvent.
Bauche, Reims, 1864
Un spécialiste des matériaux réfractaires devenu constructeur : deux tôles, une garniture, et la serrure Monopole de 1889.
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