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Encyclopédie de la serrurerie · marques

Les serrures Laperche

Une usine picarde de 1788, fermée en 2008, et des dizaines de milliers de serrures encore en service.

Bonne nouvelle pour qui possède une Laperche : la marque ne fabrique plus, mais la clé se refait encore. Ces serrures portent un numéro gravé, et c'est ce numéro qui commande la clé de remplacement, sans changer la serrure, sans toucher à la porte. Encore faut-il savoir où il se trouve et ce qu'il faut envoyer.

Deux cent vingt ans dans la même commune

L'histoire de cette maison est celle du Vimeu, cette région de la Somme où l'on fabriquait des serrures à domicile avant de les fabriquer en usine. Elle est documentée par l'Inventaire général du patrimoine culturel, ce qui est rare et précieux : la plupart des marques de serrurerie n'ont laissé que des catalogues.

  1. 1788

    Une maison de serrurerie

    À la veille de la Révolution, l'affaire achète des serrures à des ouvriers travaillant chez eux et les revend, notamment aux marchands parisiens. Aucune usine encore : un réseau.

  2. 1829

    Depoilly fait l'usine

    J.-N. Depoilly reprend la maison et transforme le réseau en fabrique. C'est le basculement vers la production industrielle.

  3. 1856

    Vingt-cinq à l'atelier, cent soixante-dix à domicile

    La société Joseph Depoilly et compagnie emploie une vingtaine de personnes dans ses murs et près de dix fois plus chez elles. Le travail à domicile tiendra encore des décennies.

  4. 1886

    L'apogée, et un gendre

    Paul Fleury, gendre du patron, entre dans l'affaire, qui devient J. Depoilly et Fleury. C'est la période la plus forte : environ sept cents personnes y travaillent.

  5. 1889 · 1900 · 1904 · 1922

    Des grands prix aux expositions

    Paris, puis Paris encore, Saint-Louis, Rio de Janeiro : la maison collectionne les distinctions internationales. Elles sont souvent gravées ou imprimées sur les catalogues et les plaques.

  6. 1910

    Le nom Laperche apparaît

    Paul Laperche rejoint la maison, qui prend le nom de Laperche-Depoilly. C'est ce nom, raccourci, qui figure sur les serrures que nous rencontrons aujourd'hui.

  7. 1939 · 1962 · 1983

    Cent dix-huit, puis deux cents, puis deux cent quatre-vingt-cinq

    Les effectifs racontent le siècle : l'usine produit des serrures de bâtiment, des coffres-forts, des charnières, des verrous, de la robinetterie en cuivre, et même des pièces de bicyclette sous la marque « la Mouette ».

  8. 1997 · 2008

    Le groupe, puis la fermeture

    L'entreprise entre dans le groupe Assa Abloy en 1997, puis l'usine ferme en 2008 ; le site est racheté par un fabricant de robinetterie. Les serrures, elles, sont toujours sur les portes.

Trouver le numéro, et ce qu'il permet

C'est tout l'enjeu d'une marque qui ne produit plus : sans numéro, on remplace ; avec le numéro, on complète. La différence est de l'ordre de un à cinq sur la facture, et elle épargne la porte.

Sur la clé

Frappé sur la tête, souvent usé par le trousseau. Une photo à plat, bien éclairée, en fait ressortir davantage que l'œil nu.

Sur la têtière

La bande métallique sur le chant de la porte. Le nom et le numéro y sont gravés, visibles porte ouverte, sans démontage.

Sur le cylindre

Autour de l'entrée de clé, ou sur le flanc du barillet une fois sorti. C'est le plus fiable quand la clé a disparu.

Sur les papiers de la porte

Une porte blindée posée par un professionnel laisse une fiche, parfois une carte. Elle porte le numéro, et elle vaut la clé.

Une marque arrêtée n'est pas une porte condamnée

C'est la peur que nous entendons le plus souvent au téléphone : « la marque n'existe plus, il va falloir tout changer. » Dans la pratique, c'est faux dans la grande majorité des cas. Ce qui disparaît, ce sont les produits neufs au catalogue ; ce qui reste, ce sont les clés et les cylindres de remplacement, fabriqués sur référence, et surtout la possibilité de refaire une clé à partir du mécanisme lui-même.

Le vrai motif de remplacement n'est pas l'âge de la marque, c'est la maîtrise des clés : un logement reloué plusieurs fois, un trousseau perdu dans la rue, un artisan resté avec un double. Dans ces cas-là, on change le cylindre, et le reste de la serrure, souvent excellent, se garde.

Le même raisonnement vaut pour les coffres-forts de maisons disparues : il est détaillé dans la fiche pièces détachées, et dans le répertoire des constructeurs.

Les dates, les effectifs et les productions de cette page proviennent de la notice de l'Inventaire général du patrimoine culturel consacrée à cette usine, consultée le 23 septembre 2026.

Paulo Coffre-fort est une entreprise indépendante. Les marques citées appartiennent à leurs propriétaires respectifs et servent uniquement à décrire les matériels sur lesquels nous intervenons.

Une clé Laperche perdue, un numéro illisible ? Photo de la clé à plat et de la têtière : nous disons si la clé se commande ou si elle se retaille.
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